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Joël Tremblay: Un retour aux études pour mieux contrôler sa destinée

Dans le cadre des Journées de la persévérance scolaire (JPS), du 15 au 19 février, les Services aux étudiants (SAE) de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) soulignent le parcours d’étudiants s’étant démarqués par leur persévérance. Nous vous présentons aujourd’hui le portrait de Joël Tremblay, étudiant au 2e cycle en sciences de l’activité physique.

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Joël Tremblay, étudiant en sciences de l’activité physique. (Photo Annie Brien)

Voici un résumé du passé de Joël avant de fréquenter l’UQTR:

  • À l’âge de 15 ans et demi, Joël abandonne les études. Il habite à Rouyn-Noranda, est en 4e secondaire et choisit de travailler.
  • Trois ans plus tard, tout en travaillant, il termine son secondaire aux adultes.
  • Il entre au collégial en sciences humaines pour muter en techniques policières. Il travaille toujours 30 à 35 heures par semaine dans différents emplois tels que couturier industriel, laveur de camions, concierge.
  • Au moment d’être embauché comme policier, pour des raisons médicales, sa candidature est rejetée.
  • Sa solution? Retourner à temps plein sur le marché du travail (en milieu hospitalier, suppléant au primaire, accompagnateur de personnes en situation de handicap).

Tandis qu’il traverse la vie de boulot en boulot, l’idée de retourner à l’école revient. Alors qu’il travaille dans un refuge pour personnes sans domicile fixe, il explore ses options et le domaine de l’activité physique lui plaît. Pourquoi retourner aux études? «J’étais insatisfait de travailler seulement pour subsister, dit-il, de continuer à travailler sans vraiment avoir mon mot à dire sur mon propre devenir, sur mes options professionnelles. Je me disais qu’avoir un diplôme universitaire me permettrait de mieux contrôler ma destinée, d’avoir un impact positif autre que l’enrichissement de mon patron». Il opte alors pour la kinésiologie à l’UQTR, remplit sa voiture au maximum et se met en route pour l’UQTR.

Une fois sur place, faute de planification, des obstacles se dressent sur son chemin: trouver un logement, un emploi – qu’il obtiendra éventuellement au CAPS – et, surtout, répondre aux obligations financières encourues par son choix. Par manque de moyens, il paie ses frais de scolarité avec difficulté et il lui arrive régulièrement de ne manger qu’un repas par jour. Il demandera de l’aide à divers organismes sociocommunautaires et les quelques paniers de dépannage qu’il reçoit sont précieux. D’un autre côté, comme il fait un retour aux études, il doit se familiariser à nouveau avec les technologies qui ont beaucoup évolué depuis son dernier passage sur les bancs d’école et il doit réhabituer son cerveau à apprendre.

Malgré tout, il est déterminé à atteindre ses objectifs, peu importe les sacrifices et le travail requis. Le soutien et l’encouragement indéfectibles de ses parents sont une grande source de motivation. Le fait d’aimer lire et sa curiosité intellectuelle font en sorte qu’il retient facilement les principes généraux présentés en classe. Ses stratégies d’étude gagnantes sont:

  • La révision régulière, donc être constant et travailler un petit peu chaque jour, en petites périodes.
  • La rédaction de synthèses personnelles pour cibler l’essentiel et avoir une vision d’ensemble.
  • Multiplier la pratique pour les éléments techniques.

En cours de route, il a réalisé «qu’il faut se préparer, avoir un plan A et un plan B, ne pas se mettre la tête dans le sable et envisager le pire, car il pourrait arriver». Dorénavant, il anticipe un peu plus l’avenir. En cas de difficulté, il recommande d’abord de décrocher pour diminuer l’anxiété et voir plus clair, puis «d’analyser objectivement la situation et les solutions envisageables. Le plus difficile est de renverser la vapeur, mais ensuite le momentum survient, alors il faut être proactif». Il suggère aussi de ne pas hésiter à faire appel aux différentes ressources disponibles à l’UQTR et ne pas attendre que la situation s’envenime: «Il ne faut pas vouloir régler tout tout seul et il n’y a pas de mal à demander de l’aide».

C’est donc avec détermination qu’il réussit ses études de 1er cycle, en travaillant au CAPS (fiou!), et il exprime ainsi ce qu’est la persévérance pour lui: «Dans mon cas, c’est d’avoir réussi à me rapprocher de mon objectif, dans un contexte difficile, d’avoir gardé le cap malgré le découragement et la frustration contre les choses que je ne contrôle pas. Être capable de continuer à progresser même quand on est direct dans le jus, de résister».

En septembre 2015, il a été admis conditionnellement à la maîtrise et ses objectifs professionnels après l’université sont de «contribuer au développement des connaissances dans mon domaine [l’activité physique, plus précisément le renforcement musculaire thérapeutique] et à la reconnaissance de ma profession [la kinésiologie], probablement à travers l’implication communautaire et la recherche». Il veut redonner au suivant et termine en affirmant: «Je veux aussi au moins une fois dans ma vie pouvoir acheter tout ce que je veux à l’épicerie… » De quoi mettre les choses en perspective, non?

Félicitations Joël et le meilleur des succès pour la suite de ton parcours!

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